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Le lapin et ses accessoires

Voici un article qui vient compléter celui sur les négations que vous trouverez ici et sur le site.
Ici, on va travailler à partir d’un seul PDF : des lapins et des accessoires !  😉

Il va s’agir de décrire les lapins avec/sans leurs accessoires : utiliser les mots « avec » , « pas de / sans » et le mot « et » pour lister plusieurs accessoires. L’élève pourra les avoir dans son répertoire « en réponse de l’auditeur » et si il est verbal, les utiliser pour rendre compte de ce qu’il voit sur les illustrations.

Dans le PDF, vous trouverez :
– Page 1 :des pictogrammes pour remplacer ou aider le discours oral : des lapins nus, les accessoires isolés, des pictos écrits « ET », « SANS », …
– Pages 2 et 3 : les lapins avec un seul accessoire
– Page 4 et 6 : les lapins avec 2 accessoires
– Page 7 : les lapins avec 3 accessoires
– Page 8 : des lapins « nus » supplémentaires (pour trier ou pour dessiner des accessoires si besoin)

La couleur du coin en haut à droite permet de trier plus facilement : plus il y a d’accessoires, plus le gris est foncé.

Je vous conseille de lire l’article avant d’imprimer les pages afin de n’imprimer que ce dont vous avez besoin.

Un seul accessoire :

Ce thème utilise délibérément un vocabulaire très simple et connu des enfants : lapin, slip, chapeau, balle, gants, pull, chaussures, lunettes, et carotte.
Pour cette série « lapin », il faudra procéder petit à petit comme ci-dessous avec des tris successifs.
Selon le niveau de langage de l’enfant, on modifiera nos exigences :
Niv 1 : On demandera à l’enfant uniquement de tacter : « (un) ballon »,  « (un) chapeau », … mais rapidement on passera au niveau 2 et on exigera que l’élève répète « avec … ».
Niv 2 : On demandera à l’enfant de tacter : « avec (un) ballon », « avec (un) chapeau », …
Niv 3 : On demandera à l’enfant de tacter l’expression complète :  » (un) lapin avec (un) ballon »,  » (un) lapin avec (un) chapeau », …
Ce tri va être accompagné d’une verbalisation/signes /PECS. Notre exigence variera selon les élèves.
Idem avec 3 accessoires isolés : « un lapin avec un pull », …

On pourra ensuite travailler une phrase avec verbalisation de tous les mots clef :  » (C’est un) lapin avec (des) lunettes. »

Verbalisations selon le niveau des enfants :

Niv 1 : « (un) ballon », « (des) gants », « (des) chaussures », « (un) chapeau », …
Niv 2 : « avec (un) ballon »,  » avec (des) gants », « avec (des) chaussures », « avec (un) chapeau », …
Niv 3 : « lapin avec (un) ballon »,  » lapin avec (des) gants », « lapin avec (des) chaussures », « lapin avec (un) chapeau », …

Introduction de la négation : pas / sans

Tri pour différencier « avec un pull » VS « sans pull », accompagné de la verbalisation :
Idem mais on varie en mettant la négation à droite pour changer :
Ensuite, on reprend les boîtes de tri et on demande à l’enfant « donne sans chapeau », « donne avec chapeau », … etc en randomisé. L’enfant devra reprendre de la boîte de tri pour vous les redonner selon votre consigne orale. Afin d’appuyer nos propos, on peut également se servir de pictos !
« Pas (ou « sans ») chapeau », « chapeau », « pas (ou « sans ») chapeau », « pas (ou « sans ») chapeau », « chapeau », « chapeau », « pas (ou « sans ») chapeau », « chapeau », …

Ensuite il faudra apprendre que « sans » ou « pas » ne veut pas forcément dire que le lapin n’a pas d’accessoire du tout. Il peut être sans carotte mais avec un chapeau. Il faudra donc travailler sur plusieurs types de propositions :

Avec une suele et meme consigne, en fonction du choix qur le bureau, la consigne : « Donne-moi le lapin sans ballon » –> la difficulté va varier selon les propositions :

« Donne-moi le lapin sans ballon » — Avec deux propositions : un lapin sans rien et un lapin avec un ballon. C’est relativement « facile ».
« Donne-moi le lapin sans ballon » — Avec deux propositions : un lapin avec un chapeau et un lapin avec un ballon. C’est plus complexe …

Deux accessoires :

« Donne-moi le lapin avec chapeau et carotte » parmi des qui n’ont que l’un ou l’autre accessoire et un qui a les deux.
Au départ, on va simplement trier d’après deux picogrammes : un lapin avec des lunettes et avec un pull, … les enfants avaient tendance à me mettre deux images dans la case : un lapin avec des lunettes et un autre lapin avec un pull, il faut qu’ils puissent inférer qu’il faut que le même lapin ait les deux !!
Puis donner une consigne du type : « avec un chapeau et avec une carotte », à l’oral, sans aide de pictos
Ici, la consigne est  » un lapin avec un chapeau et avec une carotte » et c’est relativement facile car j’ai choisi à dessein de ne mettre que trois images et toutes avec un chapeau. Pour augmenter la difficulté, je pouvais mettre une image du type un lapin avec carotte et un autre accessoire que chapeau.

Ensuite, le niveau « expert » avec un champ comme celui sur la photo ci-dessous et des consignes, positives ou négatives du type : « montre le lapin avec un chapeau et avec une carotte » mais également « montre le lapin avec des gants et sans chapeau », … l’élève devra être attentif à TOUS les mots sous peine de se tromper !

Puis, on mixe avec des consignes où tous les mots vont apparaitre et seule la discrimination « avec » « sans » et « ni » indiquera si il faut que le lapin ait ou n’ait pas cet accessoire :
Par exemple :
Montre moi :
— un lapin avec ballon mais sans chaussures
— un lapin avec des chaussures et un ballon
— un lapin sans chaussures ni ballon
— un lapin avec des chaussures et sans ballon, ….
Dans chaque phrase énoncée il y a les mots « lapin » « ballon et chaussures : seuls les petits mots clefs indiquent si les accessoires doivent être présents ou non !

Trois accessoires : le bon placement du « et ».

Cet enseignement ne sera pas pour tous les enfants car c’est du « peaufinage ».
Ici, on va travailler le fait d’énumérer et de dire « et ». L’objectif est de placer ce mot correctement. On ne dit pas : « il y a des gâteaux et des yaourts et du pain et du jambon et du … » on va énumérer et mettre le « et » en avant-dernière place. C’est le bon placement de « ET » qu’on va tenter d’automatiser.

Pour cela on va faire des lignes avec des quantités variables d’objets et on va faire placer à l’enfant l’étiquette « ET » en avant dernière position. Ce peut être fait même avec des non-lecteurs en global.

Tact simple de "un pull ET une balle", "un chapeau ET un slip".
Tact simple de « un pull ET une balle », « un chapeau ET un slip ».
Je place les étiquettes en mettant « C’EST » au début et « ET » à l’avant dernière place, puis petit à petit, je le laisse placer les deux étiquettes tout seul en mettant le même espace entre chaque étiquette pour ne pas induire la réponse qui ira là où il y a un espace vacant.

Différents articles traitent de cette question de la négation. Tapez « négation » dans le moteur de recherche afin d’avoir tous les liens qui traitent du sujet et ne pas en louper !
Un autre article va suivre très prochainement avec des poissons par taille, couleur, nageoire et bulles! Tenez-vous prêts sur Facebook !

Publié dans Aide à la création de supports, Apport théorique, flexibilité cognitive, Fonctions exécutives, Mémoire de travail

Au commencement de la négation …

En fonction des enfants et des acquis qu’ils ont, il peut être intéressant d’aborder la notion de négation de différentes façons.
Afin de mettre le plus de chance de notre côté, j’aime bien essayer de multiples manières et dans cet article, je vais tenter de vous présenter des petits ateliers/ matériels pour y parvenir.

Depuis quelques années, l’expression : « le cerveau ne comprend pas la négation » est entendue partout. Celle-ci est notamment beaucoup utilisée en « pédagogie douce » pour dicter des conseils tels que « il ne faut pas dire à un enfant « ne cours pas » mais « marche » », « n’aie pas peur » mais « rassure-toi », etc.
Bien évidemment (et heureusement!) ce n’est pas vrai, le cerveau traite la négation et le langage permet de l’exprimer mais ce sont les images mentales qui ne peuvent être représentées en « anti-images ». Pour se représenter la négation nous sommes donc obligés de penser « la chose », puis de lui accoler une expression de la négation du type une croix, un astérisque, un « non », etc.

Le cerveau comprend la négation mais … cela lui demande un surcout cognitif, c’est moins « neuroergonomique ».

Pour les enfants avec difficulté de compréhension, il sera plus « facile » de s’affranchir de la négation dans les consignes que l’on veut claires, cependant, à un moment, il faudra que l’enfant parvienne à appréhender et à comprendre un énoncé, oral ou écrit, même exprimés sous une forme négative. Cela demande un certain niveau d’abstraction et il faudra comprendre non seulement le « non » dans le sens « non je ne veux pas » ( ex : « non biberon » = je ne veux pas de biberon » qui est rattaché à un mand ABLLSR F10) du « non » dans le sens non-existence de (ex : « non biberon » = ce n’est pas un biberon mais c’est un verre, rattaché à une dénomination ABLLSR G23).

D’un point de vue pratique, par exemple, quand on travaille le « est-ce que c’est X? » en montrant un objet, il faudra être vigilent quant à l’objet qu’on utilisera.
Par exemple, si on montre à l’enfant une tablette et qu’on lui demande : « est-ce que c’est + objet? » on a une forte probabilité que l’enfant nous réponde « oui » quelque soit l’objet verbalisé en fin de phrase. Et inversement, si on montre un crayon par exemple, et qu’on commence à verbaliser « est-ce que c’est + objet? » l’enfant va répondre non car il nous exprime « non je n’en veux pas de ton crayon ! »
Ca parait être une lapalissade mais en fait, dans la pratique j’ai souvent vu cet écueil dans l’enseignement du « oui, c’est + objet » ou « non, ce n’est pas + objet ».

C’est donc une notion très importante pour la compréhension orale et écrite mais néanmoins très complexe.

Dans cet article, il va s’agir de comprendre un état « objet » VS « non objet » et non de répondre « oui / non » quant à l’état d’un objet, comme c’est le cas dans cet article là.
J’espère que vous me suivez ….  🙂

 

La négation au sens de « X » et « non X », au sens de « X » versus « Y »

Déjà, comme toujours : du tri !!

Ci-dessous, on voit le tri de vert clair VS vert foncé ou encore le tri de 5 couleurs différentes, chacune bien séparée dans une case. Parfait, ca ne pose pas de problème !

Sur les photos ci-dessous, il s’agit de trier les « X » d’un coté et les « non X » de l’autre, (en l’occurrence « les bleus » d’un coté et les « non-bleus » de l’autre) cela signifie qu’il va falloir accepter de mettre des « non X » différents ensemble dans la même case !
Aïe …. pour la plupart des enfants avec autisme, c’est déjà un beau challenge :  il va falloir travailler la tolérance pendant un moment avant qu’ils ne parviennent à accepter de mettre ensemble des différents.

   

Remarque : du bon usage de la croix d’exclusion

Parce qu’il est « impossible » de matérialiser « l’absence de », on utilise communément la croix rouge pour le signifier. C’est « le » symbole de la négation par excellence : il est très répandu et assez clair. Dans le matériel orthophonique, neuropsy ou scolaire, la négation est une croix rouge sur un objet …  faute de mieux certainement ….

Cependant, il faut enseigner que « croix »= « absence » car cela ne va pas de soi …. la croix ne l’aidera pas à comprendre, comme on le pense souvent, dans la mesure où le symbole « croix » est à apprendre autant que le concept de négation ….
Du coup, dans mes activités, j’alterne entre une croix sans rien en dessous (sur la photo 1) et une croix sur l’objet (sur la photo 2) car je ne sais pas ce qui sera le plus clair pour l’enfant. Quand on a un picto « couleur bleu barrée », il y a quand-même la couleur bleue qui est très présente et qui peut induire en erreur. J’utilise aussi rapidement le « O » (zéro) car en fait, il est assez parlant quand même …. Si vous avez des références d’études,  idées ou remarques, je prends !! 🙂

Ci-dessus, sur les photos, on voit du tri de couleur mais évidemment, on doit aussi le faire avec des « chiens » VS « non chien » (donc mettre des vaches avec des cochons, avec des poules, etc.) ou des « rayures » avec des « non rayures » et donc mettre des pois avec des carreaux avec des unis  (le PDF ici peut être utilisé à cela) ou encore des catégories complètes, ce qui va être encore plus complexe « mettre des véhicules (donc des objets déjà différents entre eux) VS des non-véhicules (avec des parties du corps, des outils, des formes, des ustensiles de cuisine, etc. vous trouverez des lexiques disponibles ici)

 

ATTENTION DIGRESSION :
Je glisse ici que souvent, les sons sont travaillés de cette façon dès la maternelle : les « j’entends A » VS « j’entends pas A » !! Pour la plupart des enfants, c’est certainement accessible mais pour les enfants en difficulté, il s’agit de torture 😉 .
Déjà il faut que l’enfant puisse comprendre qu’on attend de la comparaison de son (il n’est pas habitué car c’est le commencement des sons), puis écouter sur demande (et non récupérer ce qu’on a passivement entendu), puis  préserver en mémoire le son pour ensuite parvenir à le trier en  » X » VS « non X », on comprend bien que les pauvres, nous risquons de les guider longtemps. Afin d’alléger un peu la charge cognitive, on peut déjà le faire trier en « j’entends A » VS « j’entends O », VS « j’entends U » ….

Une suite pourrait être :

Parmi une grande série du meme objet, montrer celui qui n’est pas X, c’est à dire, pas comme la majorité du reste. (voir article sur les intrus)

« Donne PAS pingouin »
« Donne PAS pingouin »

Ensuite parmi des séries dessinées :

« Montre PAS éléphant ».
Puis, des images dessinées toujours mais où la « norme » est moins représentée, il y a uniquement 2 choix….. donc c’est contrintuivement plus complexe !

 

La négation dans le sens « objet » versus « absence de l’objet »

Dans ce PDF : « Cartes de manipulation pour un/zéro/aucun/pas de », j’ai rédigé une page de petits conseils sur comment le mettre en place.

Il faudra au final que l’enfant connaisse l’intégralité de ces formes de négation : zéro, sans, aucun, pas de, ni ni … je conseille de les travailler un.

Par exemple : placez vos 3 cartes avions (dont la vierge, évidemment) ALEATOIREMENT et demandez à ce que l’enfant vous donne :

  • « pas d’avion »
  • « un avion »
  • « sans avion »
  • « deux avions »
  • « zéro avions », etc …

Même si on ne travaille pas la numération, j’ai mis « zéro fourchette », « une fourchette » mais aussi « deux fourchettes » et « trois fourchettes » de façon à ce que l’enfant ne sélectionne pas par l’exclusion. Du coup, les consignes sont plus variées : »donne 2 fourchettes », « donne 4 fourchettes »,  » donne zéro fourchette » (ça, c’est notre cible!!)
On verra que la verbalisation « pas de fourchette » risque de donner le comportement « donner 2 fourchettes » car on entend « de/deux » qui sont très proches phoniquement. Donc si c’est le cas on accentuera « PAS de fourchette » en insistant sur le « pas » et en prononçant tout bas « de ».

Ensuite, on pourra changer le vocabulaire de façon à faire comprendre que « zéro » c’est aussi « sans », « aucune » et « pas de … »
Soyez patient … et guider tout de suite quand vous êtes en phase d’apprentissage car c’est très compliqué et il ne faut pas que l’élève défile ses réponses.

Quand on parle, l’enfant entend « blablablabla fourchette blablabla » alors il va falloir lui faire comprendre qu’il faut se concentrer sur ces « fioritures » autour du mot car c’est là que se trouve l’indice. La difficulté est que lorsqu’on entend « zéro/ sans / aucune fourchette, on entend fourchette!! » or l’enfant va devoir l’inhiber pour que lorsqu’il entend « négation + item », il cherche un « non-item ».

 

Documents avec des propositions à cocher.

J’ai essayé de faire le plus simple possible : des dessins avec un vocabulaire très connu, une structure épurée et une réponse en cochant (pour limiter le coût de l’écrit). Sur le support plastifié, vous pourrez donc faire cocher les réponses avec un crayon gras lavable (type woody). Si l’élève est non lecteur-scripteur, ce n’est pas grave, vous pouvez lui lire les propositions. Le PDF est ici.

Remarques à propos de ce document :
Vous pouvez les imprimer et les plastifier SANS les découper au début. Cela sera peut-être plus facile pour l’enfant car je respecte une sorte de difficulté croissante. Ensuite, vous pourrez couper pour donner les bandes-cartes aléatoirement.
Ces bandes-cartes pourront plus tard être traitées dans les OCR (voir l’article consacré qui viendra d’ici peu) c’est-à-dire imprimées en étant pliées en deux avant d’être plastifiées de façon à être répondues de mémoire !!  😉

 

Les jouets-nounours (plus facile) :

Les véhicules (légèrement plus complexe) :

Niveau avec une croix bleue : le plus facile, on coche tout simplement ce qui est sur l’image.
Ces premiers exercices ont pour objectif de familiariser avec la consigne mais doivent être faciles, sinon inutile de continuer plus loin.

Niveau cartes sans croix ni éclair : on introduit l’absence de la chose.

J’ai pris le parti de commencer à représenter l’absence par « zéro » (au lieu de choisir « non », ou « pas de » ou « sans », ou « aucun », …) car souvent, les enfants que j’accompagne possèdent déjà un début de dénombrement.

L’idée-clef est que c’est le dénombrement 0, 1, ou 2 qui va aider l’enfant à comprendre l’absence grâce à « zéro ». Et ensuite, on lui fera comprendre « simplement » que aucun/sans/ni ni/non/… sont pareils que « zéro ».

Mais peut-être que ce zéro n’aidera pas l’enfant avec lequel vous travaillez. Auquel cas, vous pourrez tenter via « pas de … » qui est , je pense le mot de la négation le plus répandu pour un enfant.
Bref, on s’adapte !  😉

Niveau cartes avec éclair : là, ça commence à se corser !

Ici, l’élève va rencontrer une dissonance cognitive. Jusqu’à présent, les mots écrits correspondaient aux images présentées mais là, dans les cartes avec des éclairs, ce n’est plus le cas.
Par exemple, ci-dessus on a l’image d’une voiture.
A la proposition « un bateau », pas de problème comme pour les cartes avec des étoiles, il sait que ce n’est pas un bateau et donc, il ne cochera pas la proposition « un bateau ». Mais il va être contraint à cocher « pas de bus » alors qu’il n’a pas vu de bus mais il n’y a pas « rien », il y a un bateau. C’est sur ce genre de « détails » que l’enfant risque de coincer …

 

Pensez à travailler ces « petits » mots outils souvent négligés :  beaucoup VS peu, seul VS plusieurs, un VS tous, objet VS rien, … qui seront importants pour la compréhension orale et écrite.

 

Documents avec des formes à colorier

Toujours pour travailler les « pas », « X et Y », les ni ni etc. Voici un document-support d’enseignement.

Le PDF regroupe des cartes-consignes et des cartes-formes. Demandez à l’enfant de choisir une forme de son choix, par exemple, il choisit le cœur.

Ensuite, sélectionnez une carte-consigne facile (couleur unie par exemple), l’enfant doit alors colorier selon la consigne. Ensuite, introduisez des négations avec « pas » (les mieux comprises en général) et avec des plusieurs couleurs,  puis avec des ni ni ni.

 

Ci-dessous, avec un enfant avec qui on a déjà souvent travaillé ce concept, donc, il est plutôt performant !

On continue avec les autres, il a plutôt bien compris sauf quelques guidances. Alors après, on les remet bien par paires pour vérifier :

Dans l’exemple ci-dessous, je lui fais deux propositions : il doit me donner le bon coloriage parmi les deux.
Pas facile car on voit les trois couleurs écrites (bleu, vert et rouge) mais la présence des ni ni ou et va faire toute la différence entre les deux choix.

 

On peut également le faire à l’oral et demander de donner le « ni vert, ni bleu » et l’enfant doit me donner le rouge malgré la tentation de me donner le « vert » ou le « bleu » qu’il entend « de ma bouche ».

Ce modeste PDF prépare le début des exercices du type « je lis je fais » que j’aime beaucoup.

Le PDF est ici.

 

Pour aller plus loin …

Vous trouverez d’autres articles sur la négation en tapant « négation » dans le moteur de recherche du site, il y a par exemple un article « pas sans aucun ni ni » avec des cartes très simples à classer ici, et des jeux tels que Torteliki peuvent vous faire travailler la négation d’attributs (article ici) ainsi que tous les qui-est ce ou encore des jeux tels que tête de Pioche (article ici)  ou Tricogito objets (ici) .

Vous trouverez également de nombreuses activités sur ces notions dans l’article sur le super matériel pédagogique : « un menu bien épicé » ici

A l’occasion, je ferai un article sur « Ni ni l’ourson » de chez Mot à mot dont j’avais adoré le titre (facile comme jeu de mot, mais trop mignon)

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La négation : pas, sans, aucun, ni ni.

Dans cet article vous trouverez deux thèmes : un avec des personnages et un avec des lapins. La difficulté est la même, cela permettra juste de changer un peu le vocabulaire et de varier les supports.

Comprendre la négation n’est vraiment pas évident pour un enfant. Et pourtant, on utilise toute la journée des négations quand on s’adresse à eux.
Dans les consignes de la vie de tous les jours, pour être sûr d’être bien compris de l’enfant, mieux vaut favoriser les phrases affirmatives (ex : dire : « marche!! » plutôt que : « ne cours pas » dans lequel on entend « cours », dire : « doucement », plutôt que « moins vite » où on entend « vite », etc, …)

Cependant, il va falloir enseigner à l’enfant cette notion de négation. Le plus simple est de le faire sur table, en maîtrisant les données de façon à épurer un maximum les écueils éventuels.

Je vous propose donc deux supports dans cet article, dessinés pour l’occasion, de façon à simplifier au maximum cet enseignement.

 

Un enseignement étape par étape

Discrimination visuelle

Tout d’abord, il va s’agir de s’assurer que l’enfant perçoive sans erreur et facilement les éléments sur l’image.
Il y a quatre configurations dans mon pdf :

  • un portrait sans rien
  • un portrait avec lunettes
  • un portrait avec chapeau
  • un portrait avec lunettes et avec chapeau.

Avant même de mettre des mots, faites faire 4 tas à l’enfant. L’enfant doit pouvoir le faire facilement en discriminant bien les différents éléments … si c’est OK, on continue.

 

Discrimination du lexique et du mot « avec »

On s’assure maintenant que l’enfant comprend bien « avec chapeau » et « avec lunettes » :

  • Prenez le portrait « sans rien », (ni lunettes ni chapeau) ainsi que le portrait avec chapeau : demandez à l’enfant de donner le monsieur « avec un chapeau ». 
  • Prenez le portrait « sans rien », (ni lunettes ni chapeau) ainsi que le portrait avec lunettes : demandez à l’enfant de donner le monsieur « avec des lunettes ».

Si l’enfant est en difficulté, vous pouvez vous aider des pictos disponibles dans le pdf en disant « donne le monsieur avec un chapeau » tout en montrant le picto « chapeau », idem pour le monsieur avec des lunettes.

   

Plus complexe : tri chapeau / sans chapeau mais il faut faire abstraction de avec lunettes/sans lunettes pour isoler le critère "chapeau".
Plus complexe : tri chapeau / sans chapeau mais il faut faire abstraction de avec lunettes/sans lunettes pour isoler le critère « chapeau ».
Vous pouvez également utiliser la croix seule (sans l’item en dessous) afin que ce soit plus clair pour votre élève. Soit il voit le pantalon, soit il ne le voit pas !

Compréhension du mot « pas » comme étant l’absence de « avec » 

Je commence toujours pas le mot « pas » pour aborder la négation.
On reprend le tri simple : « chapeau » et « pas de chapeau » comme pour la simple discrimination visuelle et cette fois on peut coupler avec les pictos.

ATTENTION : comme tout le reste, le picto « item barré » doit être enseigné ! Cette négation visuelle « chapeau barré » est tout aussi complexe que la négation verbalisée « pas chapeau » car dans les deux situations, il y a « chapeau ». C’est à force de l’utiliser que les enfants vont comprendre que « croix rouge = absence de… ». Ce codage est beaucoup utilisé dans le handicap, surtout dans les emplois du temps des enfants mais aussi pour expliquer les comportements à ne pas faire (je déconseille complètement ce recours aux pictos, d’ailleurs …)

 

Donc, on reprend le tri avec 2 opposés :

  • Portrait « sans rien », (ni lunettes ni chapeau) ainsi que le portrait avec lunettes : l’enfant doit trier en 2 tas et on verbalise « avec lunettes » et « sans lunettes » à chaque fois que l’enfant pioche une nouvelle carte et l’enfant trie, visuellement, en écoutant « avec / sans ».
  • Portrait « sans rien », (ni lunettes ni chapeau) ainsi que le portrait avec chapeau : pareil que ci-dessus.

 

  • Portraits tous mixés, selon un critère : cela va demander de la flexibilité mentale et donc de tolérer de placer des différents ensemble :
    • avec lunettes VS sans lunettes : on mettra aussi ceux qui ont des chapeaux ou non
    • avec chapeau VS sans chapeau : on mettra aussi ceux qui ont ou non des lunettes. 

 

On pourra ensuite faire verbaliser l’enfant par rapport à un critère:
Par exemple ci-dessous, on a le critère « tshirt » et on va dire « avec t.shirt, pas de/sans t.shirt, avec t.shirt, etc. » en faisant toute la ligne.  

Enseignement du vocabulaire étendu : sans, aucun, ni …ni

Ensuite, on continue en enseignant PAS = SANS = AUCUN, ainsi, « sans chapeau » revient à  » pas chapeau » revient à « aucun » chapeau.
Une fois que la difficulté de la compréhension de la négation est surmontée, les synonymes sont vite compris ! 

Généralisation du concept 

Avec la suite du PDF, on a le critère : avec pantalon, sans pantalon, avec t-shirt, sans t-shirt. Il plait beaucoup aux enfants qui rigolent car il est tout nu ! 🙂
On commencera toujours par le tri pour s’assurer que l’enfant perçoit bien ce qu’il y a à discriminer.

Tri simple en 4 tas
Tri simple en 4 tas


Par la suite, on va énoncer plusieurs critères, un par un ou simultanément. On pourra avoir : un monsieur avec un chapeau et avec des lunettes, un monsieur sans chapeau mais avec des lunettes, …. Lorsque les critères sont énoncés simultanément, on peut utiliser des pictos pour aider à mémoriser le maintien des deux critères.

Par exemple, ci-dessous : choisir parmi les 4 images celle « avec lunettes » et « sans chapeau ».

 
 
Ces notions sont primordiales et elles sont nécessaires pour toutes les activités du type « qui-est-ce » qui pourront alors être entraînées.
 
Votre enfant maîtrise bien avec les portraits ? Alors vous pouvez vous rendre pour la suite des enseignements ! 🙂
 
Vous trouverez une version sur le thème « lapin » qui travaille les notions « avec », « et » et « sans » par ici !

Pour aller plus loin

 
Il existe un matériel de chez Mot-à-mot qui travaille cette notion : Ni ni l’ourson.
J’adore le titre et le matériel est sympa. Il y a quelques points moins positifs, je ferai un article dessus prochainement.
 
Il y a également quelques supports sur le merveilleux site ARASAAC :
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