Publié dans Aide à la création de supports

Le loup qui voulait changer de couleur

Vous connaissez l’album « Le loup qui voulait changer de couleur » d’Orianne Lallemand et magnifiquement illustré par Eléonore Thuillier?
Cet ouvrage a été le commencement d’une très longues séries d’aventures de ce super Loup, il existe de nombreuses histoires disponibles aujourd’hui et elles sont régulièrement exploitées dans les salles de classe depuis des années.
J’avais crée il y a forrrrrrrrrrrt longtemps les costumes de chaque jour de la semaine car un enfant du cabinet était fan du Loup. Il avait découvert cette histoire avec sa maitresse et avait un peu jeté son dévolu sur ce petit personnage, ce qui a permis plein d’enseignements divers ! J’avais d’ailleurs du faire chaque costume en double-exemplaires …

Cet article est un peu différent des autres. A plusieurs reprises, on m’a demandé (via mon site de couture) comment j’avais fait les différents costumes de ce super Loup, extrait de « Le loup qui voulait changer de couleur ».
Et il y a quelques jours, Val’idées (son Facebook est et son blog génialissime ici) m’a sollicitée dans ce sens. Elle est une grande fana du Loup et le décline à toutes les sauces dans ses propositions d’enseignements de classe depuis des années ………  je ne pouvais donc pas refuser de l’aider !  🙂

Parce que ces costumes permettent de travailler les jours de la semaine, qu’ils permettent de faire sortir le personnage de l’histoire et parce que lui enfiler ses vêtements fait travailler la motricité fine, voici les explications !!

Certaines tenues sont faciles à mettre, d’autres moins. L’élève pourra demander de l’aide et c’est l’occasion de travailler les demandes !

L’idée est de faire avec des restes et de la récup donc n’hésitez pas à demander aux copines. Et si vous ne savez pas coudre, demandez à des personnes dans votre famille !!!

Lundi

Dans le pot de peinture verte :

De la feutrine verte cousue, un élastique souple (couleur la plus proche possible de la couleur du corps du Loup)
J’ai découpé une forme de tache et ai cousu un élastique de 8 cm de long sur deux bords opposés de la tache.
Pour le gant : il s’agit dune forme ovale, j’ai cousu endroit contre endroit et j’ai retourné. J’ai cranté la partie à enfiler pour ne pas avoir un bord droit disgracieux.

Ensuite, il faut tacher le gant ainsi que la grosse tache avec de la vraie peinture : ca tient depuis des années sans problème !

(couture de 0,5 non comprises)

Mardi

Thème Père Noel :

Bon, là, j’avoue, j’ai sous traité à ma mère car j’avais la flemme de tricoter en petit comme ca.
Maman avait du faire un peu au pif (car elle est douée) mais vous trouverez des tutos sur le net (ici par exemple, ou ici).
Son exemplaire n’a pas de système de fermeture, la tête passe sans problème.

Mercredi

Comme une princesse.

Cette fois, j’ai pris une chute de tissu à volants et une chute de pois, bien roses. J’ai récupéré des fleurs en plastique que j’ai cousu dessus tout autour du corsage pour que le Loup soit magnifique ! 😉
Il s’agit d’un rectangle rose foncé de 16 X 46 cm (couture de 0,5 non comprises) et une bande de 4 X 46 cm (CnC).
J’ai glissé un élastique dans l’ourlet du haut pour resserrer.

(couture de 0,5 non comprises)

Jeudi

Jour du bain :

Pour la serviette enroulée, j’ai fait le même principe que pour la princesse : un rectangle (de 13 X 50 cm mais ca peut être bcp moins large) et un élastique. J’avais pris de la polaire douce mais vous pouvez prendre de la matière serviette en sacrifiant un gant de toilette par exemple.

Pour le bonnet, il s’agit de deux disques verts clairs de 11 cm, j’ai dessiné dessus un feutre indélébile des poissons comme sur l’illustration de Eléonore. Les disques sont cousus ensemble et j’ai ensuite fait une glissière pour passer un élastique-cordon. Du coup, il est réversible complètement.

(couture de 0,5 non comprises)

Vendredi

Dans la boue :

J’avais acheté un rectangle de feutrine marron dans le commerce. J’ai découpé grosso-modo une flaque, j’ai fait un trou pour le tête et ai illustré avec des mouches. J’aurai du faire u piqué libre dessus à la machine ca aurait été plus joli mais bon, j’en avais marre.

Samedi

Avec les pelures d’orange !

Très rigolo à faire. J’avais récupéré un bout de toile cirée orange. J’ai découpé des spirales plus ou moins grande dans la toile cirée et les ai tendu pour obtenir des bouclettes. Ca rend bien, hein?

Pour le laçage : j’ai fait un biais orange dans un reste de tissu orange à pois blancs et j’ai fait une boutonnière et ai cousu un bouton blanc.
J’ai délibérément fait ce lien bien long pour que ce soit plus facile de boutonner. A ras du bouton, c’était pas facile au niveau moteur de maintenir le tout pour fermer.
Après, il faut coincer les pelures dans le biais avant de faire une petite couture à ras tout du long.

Dimanche

En paon multicolore !!

Cette fois, le lien est fermé avec une pression Kam en forme d’étoile, mais le principe est le même : on coince les plumes dans le biais vert! Je voulais faire varier les systèmes de fermeture.
Idem, j’ai laissé le lien bien dépasser pour ne pas que les pressions soient à ras du tissu (voir le schéma ci-dessous)

Les plumes sont grosso modo des bandes en forme de cravate, plus ou moins longues. J’ai découpé dans plein de couleurs de polaire différentes, comme ca, j’ai des coupes à cru.
Pour les sequins, j’ai utilisé de la peinture-colle (les trucs pour les gosses) et j’en ai collé sur presque toutes les plumes. Mais là encore, il  faut utiliser des restes qui trainent : des perles, des bijoux fantaisie.

(couture de 0,5 non comprises)

Et voilà !!
J’espère que ca va servir à plein de gens, mais je n’en doute pas.
Ces histoires du Loup sont tellement tops qu’elles sont indémodables, comme ses magnifiques habits ! 😉

Publié dans Aide à la création de supports, Motricité fine, Pince pouce-index

Les boutonnières

La première étape dans les boutonnières est que l’enfant comprenne le principe : faire glisser le bord du bouton dans la fente.

Quand on regarde un enfant mettre un bouton, si il n’y parvient pas, c’est souvent qu’il tente d’enfiler le bouton par son centre (là où il y a la couture) et non par le bord de la tranche du bouton. Du coup, en procédant ainsi, il faudrait que la boutonnière soit un  « trou en cercle » et non un « trou en fente » ….

Mettre un bouton requière d’avoir acquis une bonne pince bidigitale (avec deux doigts) car il faut pincer pour pousser le bouton dans la fente et le rattraper avec l’autre main en pinçant également avec deux doigt pour tirer, voire même repincer de nouveau pour dégager le morceau de tissu.

Lorsqu’on boutonne un vêtement, on a également la contrainte d’avoir plusieurs boutonnières serrées sur une même bande de boutonnières. De plus, le fait que cette bande soit cousue au reste du vêtement limite les possibilités de manipuler librement pour boutonner. De plus, lorsqu’on boutonne sur soi (qui est le but final de cet enseignement), on a une vue plongeante et verticale sur la tâche. Enfin, souvent, les boutons les plus  « fréquents » sont ceux en traction : mettre un bouton de jeans avec un bidon qui écarte bouton et boutonnière rend la tâche encore plus complexe!

 

Quelques étapes décomposées

 

Du coup, on travaille avec des boutons du plus gros au plus petit, et également en adaptant le support :

Le ruban à boutons

C’est une activité que les enfants apprécient bien. Il s’agit d’un ruban avec aux extrémités deux boutons de tailles différentes (le plus petit sera plus facile à enfiler…) ainsi que des petits carrés de tissu ou de feutrine avec une boutonnière ou à défaut, juste une fente.
Remarque pour la fabrication : les petits carrés de tissu sont très faciles à réaliser, demandez autour de vous si vous ne savez pas coudre. Il suffira, une fois réalisés, de coudre une boutonnières au milieu du carré de tissu. C’est une belle façon de recycler les chutes de tissu! Si vous êtes professionnels, je vous conseille de les faire de cette façon car si vous utilisez de la feutrine avec une petite fente, votre matériel sera rapidement abimé.

      

Si vous en faites deux, vous pouvez créer un petit jeu :
Chacun prend un ruban à boutons et on met les carrés de tissu au centre de la table. Vous lancez un dé de couleurs (il suffit d’un cube de bois dont vous coloriez les faces) et prenez un bout de tissu correspondant. Le premier à avoir 10 / 6 carrés ou encore un de chaque couleur (tout dépend du niveau de l’enfant) a gagné ! 

   

Le bouton à fleurs

Alors succès garanti : j’ignore pourquoi, les enfants le demandent parfois même en renfo !! 
Pour la réalisation : un morceau de nappe/toile cirée d’environ 20 cm sur 16 cm, un rectangle de tissu en coton (pour éviter que ca ne glisse) de la même taille pour le dessous.
Coudre comme pour les petits carrés de tissu ci-dessus, retourner l’ouvrage, coudre au centre un gros bouton en veillant à laisser une longue tige d’attache sous le bouton (voir la photo) de façon à laisser la place d’y loger les 3 fleurs qui viendront se boutonner dessus. Attention, mettez sur l’arrière un petit bouton (comme sur la photo) de façon à prévenir l’arrachement du tissu si l’enfant tire trop sur le gros bouton devant. 
Enfin pour faire les fleurs, personnellement, j’en ai fait trois dans mes chutes, le recto-verso diffère et sont de 3 tailles différentes. Attention : afin de faciliter le boutonnage, prévoyez de faire des boutonnières plus longues que vous ne l’auriez faire d’ordinaire pour un « vrai » ouvrage.

   

   

 

La bande crescendo 

Il s’agit ici d’une bande de tissu avec des boutons placés du plus petit au plus grand. Au début de l’enseignement, on demandera à l’enfant uniquement la manipulation du grand bouton se trouvant à l’extérieur de la bande. Petit à petit, au fur et à mesure des progrès, on déboutonnera et reboutonnera les boutons de plus en plus petits.
Voici un visuel : tout à gauche la bande entière, à droite avec un bouton ôté, encore à droite avec 2 boutons ôtés, etc, … jusqu’à la déboutonner complètement. 

 

Puis ensuite …

Vous pourrez utilisez des cadre type montessori où il faut boutonner « une gauche » avec « une droite ». Puis, ce même cadre mais retourné et placé sur le ventre de l’enfant afin de s’habituer à mettre des boutons en situation naturelle ensuite, puis sur de vrais habits! 

La réalisation de ces différentes étapes permet de ne pas lasser l’enfant et de le laisser expérimenter sans le guider physiquement advitam eternam.